La plus belle véranda du monde peut un jour ou l'autre devenir un cauchemar par la faute de fondations mal conçues ou mal réalisées. C'est la mésaventure dont a été victime Monsieur R. quelques mois seulement après l'achèvement de sa superbe véranda. Et pourtant, la terrasse sur laquelle il l'a fait construire datait déjà d'une vingtaine d'années et ne lui avait créé jusqu'alors aucun souci...
Propriétaires d'un pavillon sur deux niveaux, acheté sur plans en 1980, Madame et Monsieur R. l'ont progressivement aménagé et agrandi pour répondre aux besoins de la famille. En construisant un garage supplémentaire à l'arrière du pavillon, ils ont du même coup bénéficié d'une confortable terrasse qui prolonge la cuisine à l'étage. Excellent bricoleur, Monsieur R. a réalisé lui-même en 1983 les travaux de maçonnerie de cette extension, des fondations jusqu'à la terrasse. Vingt ans plus tard, les R. se décident à doter cette terrasse, idéalement exposée au sud-ouest, d'une véranda de 23 m2 dont ils rêvaient depuis longtemps. Montée par un installateur régional réputé pour son sérieux, cette véranda fera leur bonheur pendant quelques mois, jusqu'à ce fameux mois d'août 2003 : souvenez-vous, ce fut la plus dévastatrice canicule enregistrée depuis un siècle !
Cet été exceptionnel ne fut pas seulement fatal à des milliers de personnes âgées, il a de surcroît engendré quantité de désordres immobiliers dus à la déshydratation prolongée des sols, entraînant des mouvements de terrain parfois catastrophiques. Le pavillon de Monsieur R. est en effet construit sur un sol argileux qui supporte très mal l'assèchement. C'est pourquoi, grâce à un architecte prévoyant, la maison fut fondée d'origine sur neuf plots en béton armé fortement dimensionnés de 2 m3 chacun ! Là où le bât blesse, c'est que, lors de la construction du garage attenant, le propriétaire s'est contenté de prévoir des semelles, certes de bonne taille (80x50 cm), mais insuffisantes et déséquilibrées par rapport à celles du corps de bâtiment principal. Les fondations du garage ont été réalisées dans les règles de l'art, mais je n'aurais jamais imaginé qu'un tel phénomène puisse se produire
se désole Monsieur R.
En l'espace de quelques jours, Monsieur R. constate que son garage, sa terrasse et sa véranda s'affaissent simultanément de plusieurs centimètres ! J'étais vraiment angoissé car j'avais l'impression que tout allait s'effondrer
raconte l'infortuné propriétaire. En réalité, le tassement s'est rapidement stabilisé, laissant néanmoins des dommages irréversibles : une terrasse « décollée » de la façade, une fissuration au droit du garage, et surtout le cintrage des profilés verticaux de la véranda, au point de condamner le fonctionnement des châssis coulissants. Fort heureusement, le vérandaliste réussira le tour de force de rectifier la déformation des profilés et de rendre à nouveau la véranda fonctionnelle, mais il ne sera pas aussi aisé de rétablir l'assise du garage et de la terrasse. «On m'a proposé des solutions très onéreuses et sans garantie de résultat, comme l'injection de résine polyuréthane sous le bâtiment. Et de plus, ma compagnie d'assurance refuse l'indemnisation sous prétexte que la commune n'est pas classée en zone sinistrée» conclut Monsieur R. qui reconnaît que son vérandaliste l'avait bien sensibilisé au départ sur les conséquences possibles de fondations mal adaptées. J'étais persuadé qu'elles étaient largement suffisantes, d'autant que rien n'avait bougé pendant vingt ans
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Même s'il illustre parfaitement l'importance de fondations appropriées, le cas de Monsieur R. reste cependant particulier car son problème est essentiellement lié au déséquilibre entre les fondations de la maison et celles du garage attenant.
Quoiqu'il en soit, il faut se rappeler qu'une véranda est un bâtiment à part entière et qu'on ne peut, sous peine de désagréments ultérieurs, faire l'impasse sur son assise. Concevoir et réaliser des fondations bien adaptées doit faire l'objet d'une étude préalable qui prendra en considération la nature du terrain et les caractéristiques des matériaux de structure de la future véranda. Reportez-vous à notre article technique en page 48 pour savoir comment réaliser des fondations dans les règles de l'art.
Le soubassement d'une véranda doit répondre à trois impératifs majeurs : il doit en premier lieu assurer la stabilité de la construction dans le temps. Prévoyez donc une fondation d'une profondeur suffisante (60 à 80 cm sont un minimum, davantage sur un terrain en pente ou récemment remblayé), le fond de la fouille devant atteindre le sol dur. Seconde préoccupation, l'isolation thermique de la dalle. Plusieurs solutions s'offrent à vous pour réaliser ces travaux indispensables au confort de votre véranda : isolation en sous face, périphérique, ou encore une combinaison des deux systèmes. Enfin, un drainage adapté permettra le bon écoulement des eaux de ruissellement. Moyennant le respect de ces précautions indispensables, vous serez assuré que votre véranda vous fera un bon usage pour très longtemps.
Trois priorités s’imposent lors de la conception d’une véranda, qui relèvent de la qualité de ses fondations : la stabilité, l’isolation et le drainage. Pour avoir négligé ces aspects et ne pas avoir suffisamment pris en compte ces étapes indispensables à sa construction, ce propriétaire de véranda a été confronté rapidement à de réels soucis qui l’ont contraint à réaliser des travaux de consolidation complémentaires et coûteux.