Après avoir successivement passé en revue la véranda Victorienne, la véranda à toiture plate et la Contemporaine, nous visitons à présent le grand répertoire classique avec les modèles les plus ambitieux, les plus originaux ou qui témoignent d’une recherche architecturale sophistiquée. Qu’on les nomme Résidence, Pavillon ou Bow-window, ces styles appartiennent à la grande tradition du winter garden (ou conservatory) britannique. Leur dénominateur commun reste souvent la Victorienne, à laquelle ces vérandas de grand style empruntent l’esprit de la toiture rayonnante, en multipliant le nombre de facettes, en joignant deux ou plusieurs rotondes, en jouant des noues et des arêtiers.

Styles & Architecture

Les grands classiques revisités

Après avoir successivement passé en revue dans cette rubrique la Victorienne (Véranda Magazine n° 10), la véranda à toiture plate (n° 11) et la Contemporaine (n° 12), nous visitons aujourd’hui le grand répertoire classique avec les modèles les plus ambitieux, les plus originaux ou qui témoignent d’une recherche architecturale sophistiquée. Qu’on les nomme Résidence, Pavillon ou Bow-window, ces styles appartiennent à la grande tradition du winter garden (ou conservatory) britannique.

Leur dénominateur commun reste souvent la Victorienne, à laquelle ces vérandas de grand style empruntent l’esprit de la toiture rayonnante, en multipliant le nombre de facettes, en joignant deux ou plusieurs rotondes, en jouant des noues et des arêtiers. Autre variante avec la création d’une double toiture superposée qui augmente confortablement la hauteur de l’ouvrage et fait irrésistiblement penser aux grandes serres botaniques du XIXème siècle. Enfin, dans un tout autre registre, le surprenant bow-window à l’architecture complexe pour une intégration réussie en étage. Toutes ces vérandas se caractérisent par un design exubérant au possible, qui ne cache pas ses origines : le style victorien se veut foisonnant par son architecture chargée de décors, héritier de la mode néo-gothique des constructions anglaises au temps de la Reine Victoria, emblématique impératrice qui gouvernait la moitié du monde ! Pour autant cette architecture extravertie ne manque pas d’une grâce parfois désuette…

Ces grands classiques de la véranda se distinguent souvent par des dimensions hors du commun. C’est pourquoi ils ne peuvent guère s’envisager qu’accolés à des maisons de taille appropriée (faisons néanmoins une exception pour le bow-window dont la surface peut se limiter à quelques mètres carrés en fonction de la configuration du bâtiment). Il n’est pas rare qu’une véranda de style Pavillon (photo ci-contre) atteigne 60 à 80 m2 ou plus. L’édifice est alors imposant de majesté comme il sied à ces éminences de la véranda. Mais peut-on encore parler de véranda dans cet univers qui frise la démesure ? Une démesure d’ailleurs généralement bien maîtrisée dans les proportions qui aboutit en fait à un heureux résultat ! Une telle pièce de lumière se veut être bien davantage qu’une simple extension du living room. Leurs enviables propriétaires y aménagent souvent un lieu de séjour confortable et permanent, réunissant salon, salle à manger, salle de jeu, bibliothèque, etc, où l’art du cocooning prend tout son sens.

Multiplicité des formes

La véranda se prête admirablement à toutes les audaces d’architecture. Elle est protéiforme par essence puisque les matériaux modernes – notamment l’aluminium – autorisent une grande liberté conceptuelle dans la définition des volumes et des formes. Une véranda peut ainsi s’élever sur deux étages, créant ainsi une enveloppe vitrée qui englobe toute la façade de la maison. Outre l’intérêt esthétique d’une telle solution, on peut aussi souligner son impact climatique : une telle véranda crée en effet une sorte de double peau vitrée recouvrant l’immeuble et emmagasinant les apports thermique du soleil dans la journée pour les restituer à la maison pendant la nuit. Bien entendu, il faudra être très attentif au choix des vitrages dont les caractéristiques devront équilibrer le confort d’été et celui d’hiver ; et tenir également compte de la région d’implantation et de l’orientation de la véranda. Les vitrages à isolation renforcée (VIR) offrent aujourd’hui un compromis judicieux entre transmission lumineuse, protection solaire et isolation thermique. L’audace conceptuelle de ces vastes vérandas peut aussi se manifester par la création de volumes alternés, symétriques ou en opposition, aboutissant à la création de zones bien distinctes à l’intérieur de la structure. On pourra ainsi distinguer les usages entre zones de passage et de séjour, ménager des rotondes plus intimes pour le repos ou la contemplation de la nature, prévoir de larges espaces conviviaux pour les repas familiaux ou les réceptions. En un mot, la liberté devient ici la règle absolue…

Audace et confort des volumes

Dans la plupart des cas, ces grandes vérandas “classiques“ présentent des volumes élevés, justifiés par les surfaces au sol de la structure. Le confort visuel d’une haute toiture s’y double d’un agrément thermique indissociable : on sait la problématique de la gestion climatique de la véranda, une pièce très sensible à l’effet de serre et à la condensation. L’aération régulière et l’évacuation de l’air vicié sont des contraintes permanentes qui trouvent avec des toitures élevées une solution naturelle. A ce titre, la véranda Pavillon, avec son dôme de lumière proéminent, réalise une excellente gestion des flux d’air ambiant. Ce dôme est généralement équipé de châssis à soufflet ou de tabatières à ouvrant motorisé, parfois asservis à des capteurs de température, d’hygrométrie, de vent et/ou de pluie pour réguler automatiquement la climatologie du volume global. Le classicisme n’excluant pas la modernité, l’ossature de ces vérandas fait souvent appel à l’aluminium. Mais l’acier et le bois restent encore très prisés car la noblesse de ces matériaux répond idéalement à l’esprit “impérial“ de ces constructions magistrales.