Les déboires de Monsieur T., victime d'un vérandaliste peu scrupuleux.

Véranda Magazine n° 14 - Avril / Juin 2008

Pour la plupart des heureux utilisateurs, « véranda » signifie « bonheur de vivre ». Pour d'autres, sans doute moins rares qu'il n'y paraît, ces sept lettres évoquent plutôt un cauchemar ! Témoin cette aventure dont a été récemment victime Monsieur T. (nous l'appellerons ainsi par souci de confidentialité, mais tous les faits évoqués ici sont authentiques). Pourtant tout semblait avoir bien commencé? Monsieur T. réside dans une accueillante bourgade au c½ur de la Lorraine. Fin 2002, il est séduit par l'idée de construire une sympathique véranda qui prolongera sa cuisine par un espace lumineux habitable en toutes saisons. Sur le conseil d'un ami, il prend contact avec un vérandaliste de la région, la société « B? », qui bénéficie d'une certaine notoriété. « On m'a fait visiter une superbe véranda-témoin installée dans un hangar. Puis on m'a montré quelques belles photos de références. Le bagout du vendeur a fait le reste et j'ai signé les yeux fermés » avoue Monsieur T. qui reconnaît aujourd'hui avoir été un peu naïf?

Matériaux inadaptés

La véranda de Monsieur T. n'a rien d'un modèle de luxe, et d'ailleurs son prix est raisonnable (20.000¤ - environ 130.000 F - pour 24 m2). Pour « tirer » ses prix tout en réalisant des marges confortables, la société « B? » n'hésite pas à proposer à ses clients des prestations inadaptées au site, telles qu'une toiture en polycarbonate par exemple. Un matériau certes moins onéreux que le verre mais aussi bien moins translucide : à déconseiller dans une région où la luminosité ambiante n'a rien de méditerranéenne, qui plus est pour une véranda implantée en façade nord comme c'est le cas de celle de Monsieur T. De plus, en période d'intempéries (fréquentes en Lorraine), le bruit de la pluie tombant sur le polycarbonate devient franchement insupportable !

Informé de ces risques par un spécialiste (un vrai cette fois), Monsieur T. demande le remplacement du polycarbonate par du verre isolant coefficient K1,1 à contrôle solaire. « Pas de problème, me dit-on, mais il y aura un petit supplément de 2.300¤. J'accepte sans discuter et la société débute le montage au jour prévu » raconte Monsieur T.

Le cauchemar commence

Première erreur de l'équipe de montage : la charpente présente un angle anormal au sol et les joints n'assurent pas une étanchéité satisfaisante. Résultat : on démonte tout et on recommence ! Seconde erreur, beaucoup plus préjudiciable celle-là : la société «B?» a bien remplacé le polycarbonate par du verre, mais en conservant la largeur initiale des panneaux, soit 1,15m, alors que les normes spécifient une largeur maximale de 0,80m pour le verre. De fait, dès le premier hiver, des fissurent apparaissent dans le verre et le risque d'effondrement est bien réel en cas de fortes chutes de neige. Monsieur T. décide de faire jouer la garantie mais, entre temps, la société « B? » a déposé son bilan, son gérant s'est envolé aux Bahamas, une association de défense des clients mécontents s'est constituée? Monsieur T., qui n'a ni la patience ni le désir d'engager des frais de justice, s'est résolu à confier à un autre vérandaliste plus sérieux la réfection totale de sa toiture (encore 4.000¤ de plus). Voici comment un beau rêve finit en cauchemar, faute pour Monsieur T. de n'avoir pas su prendre un minimum de précautions au départ !

Faute pour cet acheteur de véranda ne n’avoir pas su prendre un minimum de précautions au départ de son projet, il a fait les frais de conseils inadaptés prodigués hâtivement par un vérandaliste inexpérimenté et peu scrupuleux. Ce propriétaire déconfit a raconté à Véranda Magazine sa mésaventure afin que cette expérience malheureuse puisse profiter à nos lecteurs grâce à nos conseils avisés pour éviter les pièges d’une véranda mal conçue et mal construite.